Liberté Lente

Une famille québécoise adepte du "Slow Living"

L’échine, l’ail et la patience

Ralentir commence parfois par un simple refus

Il y a quelques semaines, chez mon boucher, je commande de l’échine de porc pour faire des saucisses.

Il prépare un beau morceau, magnifiquement marbré, puis me lance :

— J’imagine que tu la veux hachée ?

— Non merci, je vais le faire moi-même. Ça fait partie du plaisir.

Il sourit, un peu surpris, avant de répondre :

— Je comprends.

Hacher soi-même, c’est refuser la vitesse comme norme.
C’est choisir le bruit du hachoir, le froid de la viande entre les doigts, le temps de mélanger à la main pour que les épices s’imprègnent bien.

Personnellement, j’adore ce moment presque méditatif.
La cuisine devient un rituel lent et conscient.

En sortant du magasin, je réalise que, sans même y penser, je suis devenu un adepte du slow living.

C’est probablement ce qui a inspiré ce blog.

Ralentir.
Revenir aux bases.

Faire une choucroute qui fermente pendant des semaines.
Fabriquer son savon, son yaourt, ses saucisses.
Abandonner l’alcool pour mieux savourer les autres plaisirs.
Apprendre le tricot, la broderie, le sashiko.
Et, plus récemment, faire son fromage maison.

Ralentir, c’est reprendre conscience du temps —
et de la valeur des choses.

Tout semble meilleur quand on s’y est investi personnellement,
plutôt que d’avoir simplement swipé une carte de crédit.

Même le café du matin :
un V60 demande plus de temps qu’un espresso à bouton-poussoir…
et c’est précisément ce qui le rend exceptionnel.

Et aujourd’hui, voici la recette des fameuses saucisses à l’ail.


🌿 Saucisses à l’ail

(pour environ 2,3 kg)

Ingrédients

2 kg d’échine de porc
200 g de graisse de porc

100 g d’ail émincé finement

43 g de sel non iodé

2,5 g de piment de la Jamaïque moulu
Graines de 2 gousses de cardamome, moulues finement
1 g de muscade fraîchement râpée
5 g de marjolaine (fraîche si possible)
10 g de poivre blanc moulu

Boyaux de porc naturels


🧾 Bilan du projet

💰 Coût d’entrée : 💰💰

Le seul achat vraiment dispendieux est le hachoir à viande.
Mais une fois acquis, il ouvre la porte à une foule d’autres projets.


💸 Coût vs commerce : 💰💰💰

À environ 2 $ par saucisse,
c’est nettement plus cher que l’industriel…

Mais une véritable aubaine comparé à l’artisanal.

Et surtout : incomparable en goût.


Temps investi : ⏳⏳

Le travail actif est relativement court,
mais demande rigueur et organisation.

Quelques règles simples :

  • refroidir la viande avant de la hacher
  • travailler entre 0 et 4 °C
  • rester propre et méthodique

La vitesse n’est pas l’objectif —
la précision, oui.


🧰 Difficulté : 🧰🧰🧰

Remplir les boyaux sans les rompre est un art.

Il faut apprendre à sentir la tension,
à écouter la résistance du boyau.

Le reste est étonnamment simple.


❤️ Satisfaction : ❤️❤️❤️❤️❤️

Il y a quelque chose de profondément satisfaisant
dans le fait de transformer un morceau de viande brute
en un aliment complet.

Mais surtout :

voir son enfant sourire
devant quelque chose qu’on a fait soi-même…

ça vaut tout le reste.


🌍 Verdict : 🌱🌱🌱🌱

À refaire.

Pas trop difficile.
Une infinité de variations possibles.
Et une excellente porte d’entrée dans l’univers des charcuteries maison.

Parce que, parfois, ralentir commence simplement
par refuser qu’on fasse les choses à notre place.

Et comme souvent :

on prépare…
et on laisse le temps faire le reste.

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