J’ai commencé la savonnerie il y a plusieurs années… pour ma fille.
Bébé, elle avait une peau ultra-sensible, sujette à l’eczéma.
Même les savons « doux », sans parfum, de pharmacie l’irritaient.
Ma solution : fabriquer moi-même un savon le plus pur possible.
Mon premier essai ?
Un savon de Castille — 100 % huile d’olive, sans parfum, sans colorant.
Succès total.
Sa peau l’a toléré sans problème.
Avec le temps, j’ai exploré :
les parfums,
les colorants naturels,
les mélanges d’huiles…
J’adore ça.
C’est à la fois de l’art et de la science.
Une chimie douce, au service de la créativité.
Je vous ai déjà partagé mon « savon volcanique » comme exemple.
Mais aujourd’hui, on met tout ça de côté.
Un projet utilitaire (et un peu radical)
Aujourd’hui, on oublie l’esthétique.
On va vers quelque chose de simple, efficace… et franchement satisfaisant :
👉 un savon à vaisselle solide
👉 fait à partir d’huile de cuisson usagée
Recycler un déchet domestique polluant en produit nettoyant ?
Oui.
Et en plus, c’est économique.
Le défi (et comment le contourner)
L’huile de canola n’est pas idéale pour faire du savon :
- Elle est liquide à température ambiante → savon mou
- Elle rancit facilement
- Elle a un pouvoir nettoyant limité
Mais avec un peu de chimie et quelques ajustements, on contourne facilement ces problèmes.
⚠️ Sécurité ⚠️
La soude caustique est dangereuse.
- Portez gants et lunettes
- Travaillez dans un endroit ventilé
- Versez toujours la soude dans l’eau (jamais l’inverse)
Prenez ça au sérieux.
Étape 1 : Nettoyer l’huile (indispensable)
Une huile mal filtrée = odeur désagréable + savon instable.
Méthode en 4 étapes :
A) Filtrer grossièrement (passoire fine)
B) Faire bouillir avec eau + fécule (capture les particules fines)
C) Filtrer au filtre à café
D) Laisser décanter 24–48 h, puis récupérer l’huile claire
💡 Astuce :
Je traite souvent plusieurs litres à la fois et je conserve au frigo.
Étape 2 : La recette
(~1,5–1,6 kg de savon fini)
Base (surgras 0 %)
- Huile de canola usagée : 700 g (70 %)
- Huile de coco : 250 g (25 %) – pour la dureté et le pouvoir dégraissant
- Acide stéarique : 50 g (5 %) – pour encore plus de solidité
- Soude caustique : selon calculateur, 0% de Surgras
Additifs (à la trace)
- Lactate de sodium : 2 c. à soupe – pour une barre plus dure et qui sèche mieux
- Sucre : 1 c. à thé – booste la mousse
- HE citron (optionnel) : 25 g
Étape 3 : Fabrication
Procédé à froid classique :
- Préparer la lessive de soude
- Faire fondre coco + acide stéarique
- Mélanger avec l’huile filtrée (~40 °C)
- Ajouter la soude → mixer jusqu’à trace
- Ajouter les additifs
- Mouler
Repos :
- 24–48 h → démoulage
- 6 semaines → cure
Et l’odeur ?
C’est LA question.
Bonne nouvelle :
👉 la saponification détruit la majorité des molécules odorantes
👉 l’huile essentielle masque le reste
Si le nettoyage est bien fait :
aucune odeur de friture.
Comme une image vaut mille mot, voici l’un des savons ainsi produit. Blanc, sans dépôt ni odeur.

💰 Coût du projet
Total : ~14,89 $
👉 environ 0,94 $ / 100 g
Comparaison :
Savon solide du commerce → 5 à 10 $ / 100 g
Conclusion
Ce projet coche toutes les cases :
✔ économie réelle
✔ zéro déchet
✔ autonomie
✔ plaisir de faire
On transforme un problème… en solution.
Une huile usagée devient un savon qui nettoie.
Et au-delà de l’aspect pratique, il y a quelque chose de profondément satisfaisant là-dedans :
refermer une boucle.
Ne plus jeter.
Réutiliser.
Transformer.
🌱 Prendre le temps de recycler, c’est aussi ralentir.
🧾 Bilan du projet
💰 Coût d’entrée : 💰
Très faible. Quelques ingrédients de base suffisent.
💸 Coût vs commerce : 💰
80–90 % d’économie.
⏳ Temps investi : ⏳⏳
2–3 h actives + 6 semaines de patience.
🧰 Difficulté : 🧰🧰
Accessible, avec rigueur.
❤️ Satisfaction : ❤️❤️❤️❤️❤️
Économique. Écologique. Logique.
Verdict : 🌱🌱🌱🌱🌱
Depuis que je fais cette recette :
👉 nous n’achetons plus aucun savon vaisselle commercial.
Et la suite ?
Peut-être un savon liquide vaisselle basé sur le même principe…
ou un retour aux sources avec un savon pour peaux sensibles.
On verra.

Laisser un commentaire