Nous sommes le 1er avril.
Alors quoi de plus approprié que de parler des moments où mes ferments… m’ont joué des tours.
Parce qu’en fermentation, on ne contrôle jamais tout.
Et parfois, c’est exactement là que ça devient intéressant.
Voici trois exemples marquants.
🧀 1) Mon “bleu” de chèvre… devenu camembert
Un de mes premiers fromages complexes.
Objectif : un bleu de chèvre.
Résultat : tout sauf ça.
Démoulé trop tôt → effondré.
Reconstitué tant bien que mal → trop humide.
Le Penicillium roqueforti ? Absent.
Mais pendant ce temps…
le Geotrichum candidum, lui, faisait tranquillement son travail.
Et a transformé mon échec en quelque chose de complètement différent :
👉 un magnifique camembert de chèvre
crémeux
vivant
totalement imprévu
Erreur technique.
Succès gustatif.

🧀 2) Le “Liederkranz” au lait 1 %
Une histoire de faibles attentes.
Une amie reçoit trop de lait 1 %.
Elle me demande si je peux en faire quelque chose.
Honnêtement ?
Je m’attendais à un fromage sec.
Sans intérêt.
Pas d’enrichissement.
Pas de crème.
Juste quelques choix techniques :
coupe large
pas de pressage
ensemencement au kéfir
lavages fréquents pour stimuler le Brevibacterium linens
Et là…
encore une surprise.
Le Geotrichum candidum (oui, encore lui) s’invite.
Croûte plissée.
Relief irrégulier.
Lavages plus capricieux.
Mais surtout :
👉 une pâte fondante
dans un fromage maigre.
Je ne l’avais pas vu venir.
Un fromage “pauvre”
devenu riche
par un mélange de technique…
et d’imprévisibilité.

🧀 3) Le camembert bleu… et le Stilton têtu
Celui-ci est en cours.
Dans ma cave en ce moment :
quelques tommes
2 reblochons
2 crottins de chèvre
Mais surtout, nos coupables :
3 camemberts (kéfir + G. candidum + P. candidum)
3 bleus (kéfir + P. roqueforti)
Et là…
les rôles s’inversent.
👉 Le camembert commence à bleuir
👉 Le Stilton, lui… refuse obstinément
Le Penicillium roqueforti colonise le mauvais fromage.

Et le bon reste blanc.

Je fais pourtant attention :
j’évite la contamination croisée
boîte d’affinage neuve
conditions contrôlées
Et malgré tout…
la vie microbienne décide autrement.
🤷♂️ Et maintenant ?
Pour le camembert bleu ?
Je ne vais pas me battre contre ça.
Alors :
je vais le piquer
et l’encourager
Désiré mais non-planifié.
(comme mon plus jeune — mais ne lui dites pas)
Pour le Stilton ?
J’attends.
Il est encore jeune.
Peut-être que le bleu viendra.
Peut-être pas.
🌱 Mini-réflexion
La fermentation, c’est accepter de ne pas être seul aux commandes.
On prépare.
On guide.
On influence.
Mais au final…
on collabore avec le vivant.
Et souvent,
ce sont les erreurs
qui donnent les meilleurs résultats.
💬 À vous
Et vous ?
Vos meilleures — ou pires — surprises en fermentation ou en DIY domestique ?
Parce que j’ai l’impression que ce sont souvent ces moments-là…
qu’on retient le plus.

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