Ce blogue m’a été inspiré par une scène familiale tout à fait typique chez nous.
Mon plus jeune, alors âgé de 6 ans, fouille dans le réfrigérateur et me dit :
— Papa, il faut que tu refasses du yaourt.
— Mais j’en ai fait trois litres et demi lundi passé.
— Il reste juste un pot (500 mL).
— Vous avez vraiment mangé trois litres de yaourt en huit jours ?!
Et ma fille, un peu insolente, d’ajouter :
— Oui, et alors ?
Cette scène banale m’a fait réaliser que, pour nos enfants, il est tout à fait normal de faire son yaourt maison. Pourtant, je serais surpris que beaucoup de leurs camarades de classe fassent de même — ce n’est pas si rare, mais ce n’est certainement pas la norme.
Et il en va de même pour plusieurs de nos projets maison : cuisine, tricot (et sashiko), choucroute, cornichons, moutarde, sauce piquante, jerky, bougies, savons et même fromage.
Cela m’a aussi amené à réfléchir à nos motivations pour faire autant de projets domestiques. Certains le font pour l’économie, d’autres pour l’écologie, d’autres encore pour des raisons sociales ou politiques, pour relever un défi ou simplement par intérêt personnel. Ce sont toutes d’excellentes raisons, et j’imagine que nous le faisons un peu pour tout cela.
Mais notre motivation principale est sans doute l’amour de prendre son temps.
Lorsque je fais mon yaourt maison, je sélectionne mes ingrédients avec soin, je prépare le matériel, aseptise le tout, prépare le starter, chauffe doucement le lait, emballe le tout et laisse une armée de microorganismes faire leur travail pendant des heures. C’est une pratique méditative qui transforme notre relation au temps et au vivant. Chaque bouchée me relie à tout ce travail — infiniment plus gratifiant que de simplement swiper une carte de crédit.
Certains se souviendront peut-être de mon blogue précédent, dédié aux finances personnelles et au mouvement FI/RE. Je vous invite à voir ce nouveau projet non pas en rupture, mais en continuité avec le précédent. Car je continue de viser non pas la retraite précoce, mais la liberté financière précoce, afin que le travail devienne un choix libre et non une obligation.
Avec le recul, je réalise que mon intérêt pour FI/RE, et en particulier le Slow-FI, s’inscrit à merveille dans ma philosophie de la vie lente, le slow living. On veut sortir de la culture du hustle.
Mon objectif est de réapprendre à prendre son temps, à ralentir, à apprécier chaque bouchée que l’on prend, à être conscient de chacun de ses pas, à faire de chacun de nos gestes une action volontaire et consciente.
Et c’est ce que j’espère transmettre par ce blog.
Si vous souhaitez partager vos expériences ou écrire un billet autour du Slow Living, votre contribution sera la bienvenue !
